18 Αυγούστου 2008

FR-Catharsis

Certainement. Je devrais me baisser devant l’un en caressant voluptueusement sa cheviotte – paf, paf, paf, paf – et dire «Vous avez un peu de poussière Monsieur A.». Ensuite je devrais attendre au coin, et quand je serais en face de la bedaine de l’autre, après avoir observé pendant tant d’années ses sentiments et sa pulsation, me baisser de nouveau et chuchoter à titre confidentiel «Ah ! Monsieur B., ce A. …» Il faudrait que j’épie derrière les lunettes de G. son regard désopilant. S’il me l’offrait, déployer mon meilleur sourire et de l’accepter comme un bébé royal dans la robe d’un chevalier. Et, si ce regard s’attardait, me baisser pour une troisième fois et, plein de contrition, articuler «Votre serviteur, mon maître».

Mais tout d’abord je devrais rester dans la bande de D. Là, le vol qualifié s’exerçait sous des auspices internationaux brillants, dans des bureaux luxueux. Au début je n’existerais pas. Caché derrière mon chef de division courtaud je reniflerais. J’aurais eu des manières délicates, éthérées. J’apprendrais leur langage codé. Toucher la partie gauche de la raie signifierait «cinq cent mille». Une secousse constante de la cendre du cigare signifierait «d’accord». Je gagnerais la confiance de tout le monde. Et, un jour, en m’appuyant sur le cristal de ma table j’écrirais moi-même la réponse : «notre institution indépendante Monsieur le Procureur …»

Je devrais me baisser, me pencher, me prosterner. À tel point que mon nez irait se joindre à mon talon. Et ainsi commodément courbé, je roulerais pour arriver.

Canailles !

Le pain de l’exil me nourrit. Aux vitres de ma chambre viennent frapper des corbeaux. Et je vois dans les poitrines souffrantes des paysans se lever le souffle puissant qui vous balayera.

Aujourd’hui j’ai emprunté les clefs et je suis monté au château vénitien. J’ai traversé trois portails, trois murailles jaunâtres très hautes, avec des remparts en ruines. À l’intérieur, dans le troisième cycle, j’ai perdu vos traces. En regardant par les mâchicoulis, en bas, la mer, la plaine, les montagnes, je me suis senti en sécurité. Je suis rentré dans des casernes en ruines, dans des cryptes où avaient poussé des figuiers et des grenadiers. Je hurlais dans la solitude. J’ai marché pendant de longues heures en cassant des herbes grandes et sèches. Sur mes vêtements s’attachaient des ronces et un vent fort. La nuit m’a surpris …

Traduit du Grec. Je remercie mon ami Laurent Dersy pour ses corrections.

Texte du poète Kostas Karyotakis (1896-1928), publié après son suicide (texte grec disponible sur http://karyotakis.awardspace.com/ et http://el.wikisource.org)

2 σχόλια:

όλα θα πάνε καλά... είπε...

τυχαία πέρασα,χαίρετε και καλή χρονιά.Έχω την εντύπωση ότι το suicide είναι αρσενικού γένους.Κοίταξα την υποσημείωσή σας και διάβασα la suicide.

Takis Alevantis είπε...

Σωστά, και διορθώθηκε ...
Ευχαριστώ για τις ευχές.